Cahier photos #1 – Italie

Dans la continuité des superpositions, quelques photos de voyage en Italie (Florence-Rome-Naples) en argentique noir et blanc.

Photo de rue où j’ai essayé de capter des moments, que ce soit : une imbrication d’un photographe prenant en photo un enfant absorbé par la vue d’un manège, un saxophoniste jouant sur les quais romains (saxophoniste débutant, s’isolant pour cacher ses « bruits »), une fête dans le quartier dans un des quartiers les plus dangereux et pauvres de Naples (Les quartiers Espagnols) ou un père attendant sur un petit vélo que sa femme et sa fille déposent une croix devant un sain protecteur des marins. Autant de moments.

Revue Phaéton – 2019

Autre très bonne nouvelle :

une fois par an sort la revue Phaéton. C’est un gros morceau, un peu à part dans le milieu des revues littéraires et poétiques, dont j’ai pu avoir le plaisir de rencontrer les responsables au Marché de la poésie. Le franc-parlé de Pierre Landete m’avait marqué et, maintenant la revue en main, ce qui me marque et m’impressionne le plus c’est la quantité impressionnant de travail fournie sur cette revue !  Il n’y a qu’à voir le nombres de correspondants et de contributeur pour s’en rendre compte.

Revue interdisciplinaire de près de 400 pages, donc, où des analyses, des critiques, des documents de recherche se retrouvent autour des arts, de la littérature, de l’histoire ou des sciences sociales. Extrêmement intéressante et documentée, on retrouve également des textes de Baudelaire, Supervielle avec de nouveaux éclairages et, au milieu de la revue, un cahier rouge contenant de la poésie.

C’est donc bien modestement que l’on peut retrouver un de mes poèmes dans ce cahier, honoré de figurer dans ce panorama de la poésie actuelle et reconnaissant d’y laisser un place.

Excellente revue, avec grand sérieux et grande qualité.

NaNoWriMo 2019 – défi d’écriture

J’aurais pu en parler plus tôt, mais depuis plusieurs années, le mois de novembre est synonyme pour moi d’écriture – intensive. De NaNoWriMo pour être plus exact, NaNo pour les plus intime (pour National Novel Writing Month). Salut à tous les wrimos qui zonent sur wordpress, force et honneur, même. Le mois de novembre en était le synonyme même lors des années où je n’y participais pas, c’est dire à quel point c’est un événement qui marque. L’idée est aussi simple qu’ardue, écrire 50 000 mots en un mois. Soit 1667 mots par jour. Un rythme plutôt intense d’écriture, donc.

 

Pourquoi c’est bien de se faire du mal ?

 

Pourquoi ça fait mal ?

 

Le rythme étant soutenu, il force à écrire plusieurs heures par jour : un ou deux jours de pauses histoire de se laisser le temps de penser à son scénario peut suffire à se mettre en retard. Les statistiques nous guettent plus que l’on procrastine en les observant. En fait pour gagner quelques mots, on se retrouve rapidement à ne plus se relire, à ne plus faire de corrections, encore moins (il ne faut pas) à supprimer des passages. Au bout de deux semaines, même lorsqu’on envoi des messages à notre entourage, un étrange sentiment de rallonger ses phrases, d’ajouter des mots là où l’on n’en ajouterait pas, s’impose. Comme dans cet article de blog et ça se sentira certainement. (Oui, cet article est là pour faire des mots que je compterai honteusement dans mon Nano, je n’ai jamais trop aimé les règles et tant mieux, le Nano n’est un défi qu’envers notre propre conscience.)

 

À quoi ça sert, alors, d’écrire quelque chose qui a de grandes chances d’être majoritairement mauvais ? Écris d’abord, tu penseras ensuite. Voilà la réponse. Il faut d’abord casser le mythe du premier jet. Le premier jet n’est jamais « le bon », la finalité du manuscrit. Écris d’abord, tu penseras ensuite. Le Nano c’est appliquer ça à l’extrême, et ça fait pas de mal au lâcher prise. C’est même là qu’il devient intéressant : en se forçant à ne pas se retourner, on apprend différemment. En apprend « dans l’action » de l’écriture, nos mauvais penchants, nos écritures de personnages qui se révèlent parfois d’eux même, s’imposent à nous de manière semi-automatique. Ce n’est pas tellement mon cas, mais c’est ce qui ressort souvent de mes discussions avec d’autres participants au défi.

 

Je crois que la première fois que j’ai fait ce défi (la seule fois où je l’ai réussi, d’ailleurs), c’était en 2013. Je n’avais jamais envisagé avant d’écrire quelque chose d’aussi long, ou alors pas avant plusieurs années. Pas avant d’avoir acquis une méthode d’écriture plus solide – ce qui est plus le cas aujourd’hui. Je n’étais pas prêt à mener de front un aussi gros projet. Le jet final est informe, manque de cohérence, est bourré d’erreurs. Mais ce n’est pas grave. Ce n’est pas ce qui est important. Je me suis prouvé à moi-même, cette fois-là, que j’en étais capable. Je me suis rendu compte en le faisant ce que représentait d’écrire un texte aussi long, j’ai compris dans mes doigts les difficultés que c’était, et à la fois que ce n’était pas si dur. Ou plutôt que c’était possible. Je n’ai pas réussi les autres années où j’ai essayé parce que je n’étais pas prêt non plus. Mais ça n’a pas d’importance : ce qui s’est dessiné, dans ces échecs, ce sont les raisons de mes échecs. Mes mauvaises tendances dans mon processus d’écriture.

 

Cette année, c’est à nouveau une expérience – différente, comme chaque année. Mon problème était dans la lassitude et la compulsivité. Je partais comme une balle – je me suis été plus un sprinteur qu’un marathonien, ce qui est difficile à mettre en adéquation avec le fait d’être romancier, même si c’est possible moyennant aménagements extrême de ses conditions d’écriture. C’est-à-dire, en ne faisant, ne pensant, plus qu’à ça. Je ne pensais effectivement qu’à ça, mais j’étais dans l’impossibilité de faire ces 50 000  mots sur ma période de motivation. C’est-à-dire que mon attention sur un projet roule sur une dizaine de jours, puis veut passer à autre chose. J’ai cette année testé des roulements, fonctionnant plutôt bien, de dix jours passant d’un projet à l’autre. Le problème de l’obsession est qu’elle vide complètement les batteries. La nécessité de phases de repos, de rechargement – de rêveries, même – est primordiale. Pour moi en tout cas. J’ai donc abordé la chose différemment cette année – la lecture en amont des conseils aux romanciers de Murakami m’ayant un peu inspiré dans ce sens, car ayant une démarche très personnelle qui n’est pas la mienne, ce qui est toujours intéressant de piocher chez nos opposés. Je m’essaye à la tempérance. Ne pas en faire trop. Ne pas vider ses batteries tout de suite. Apprendre et observer ses rythmes de regénération scriptive. J’ai mieux passé la période critique ainsi. J’ai également essayé de casser ça, d’exploser un quota lors d’une journée. La conséquence a fatalement été une perte de motivation les jours suivant. Comme si j’avais trop écrit d’un coup, comme si derrière je n’écrivais plus que par mécanisme ayant perdu une part d’enthousiasme qui m’avait maintenu en écriture durant toute une journée. Personne ne fonctionnera pareil, ce qui compte c’est de s’expérimenter et d’apprendre comment nous et notre écriture fonctionnons.

 

Que ce soit clair : je n’écrirai pas tous mes projets de cette façon. Ne pas se retourner me dérange, je préfère peaufiner. Le retravail de ce projet va continuer à m’éloigner quelques temps de la poésie qui animait ce blog. Ce n’est pas dérangeant pour autant, si la phase de correction me faisait auparavant peur, je réalise depuis quelques mois en étant dedans à quel point c’est la plus capitale. Et je le réalise parce que j’y prends énormément de plaisir, c’est là que se crée, dans la matière brut, le roman. Mais ce n’est pas ce qui importe, ce que je veux dire dans ce petit article un peu trop long où je m’auto-anaylse. Mon propos est uniquement sur l’expérience, l’expérience multiple qui peut être menée au travers du défi. C’est dans ce genre de situation que l’on peut le mieux se comprendre et améliorer notre façon d’écrire, et la lourde tâche de retravail du Nano m’enthousiasme désormais car je sais qu’elle sera également une phase de test de différentes façon de travailler.

 

En bref : écrivez, de temps en temps regardez-vous écrire en levant les mains du clavier, puis écrivez, encore mieux.

Biche Fauve n° 1 – Dehors

Merci Biche Fauve, content de faire partie de ce premier numéro et merci pour la lecture aux autres auteurs 🙂

Biche Fauve

Le premier numéro de Biche Fauve est enfin disponible ! Un immense merci à tous·tes les contributeur·ices et aux personnes qui, de diverses manières, lui ont permis de se construire une existence au dehors. Découvrez-le gratuitement en suivant les liens plus bas. Bonne lecture !

Biche Fauve Dehors (4)Télécharger le PDF : Biche Fauve n°1 – Dehors

Consulter en ligne : Biche Fauve n°1 – Dehors

Visionner la contribution au format vidéo de Parmi les récits :

Les contributeur·ices :

Ari Lawi – Nina Terrpl – Laetitia BischoffChris Bellabas – Naeimeh Doostdar – Gracie de la Nef – Mathilde Silveira – Astrid Shriqui GarainRim Battal Parmi les récitsLydja Uta SzatkowskaAdrien CrispynSophie EustacheBeatrix MiraNelly – Djinn la Ghoul – Marie Thiberge – Gaelle Phœbé – Caroline Boulord – Fille de l’instant

Voir l’article original 66 mots de plus

Revue Traction-Brabant – N°85

Comme je l’avais évoqué précédemment dans un article, Jean-Pierre Maltaverne qui avait partagé mon blog sur son site a également choisi un de mes poèmes pour figurer dans le numéro 85 de sa revue.

Revue faite avec coeur, revue engagée pour la poésie, à petit prix faite pour être partagée, c’est toujours un plaisir de se retrouver au milieu de gens qui font ce qu’ils aiment et se bougent pour défendre ça.

Grand merci !

 

 

Revue AOC – N°53

Ca faisait longtemps que je n’avais rien posté. Pour plein de raisons pas forcément intéressantes. MAIS, durant cette période, plusieurs bonnes nouvelles que j’ai envie de partager maintenant !

La première, c’est une publication de nouvelle dans le numéro d’été de la revue AOC, de l’association Présences d’esprit. J’avoue être assez fier d’y figurer, parce que des noms d’auteurs désormais reconnus dans le milieu de la SFFF sont passés par ici, que la revue ne se contente pas de publier mais accompagne d’un véritable travail de conseil éditorial, des illustrations sur mesure du texte, et aussi parce que pour les avoir croisés il y a quelques années sur un salon, l’équipe de Présence d’esprit est très sympa !

Content aussi parce que c’est la deuxième fois qu’on publie mes nouvelles, et même si je partage principalement de la poésie sur ce blog, c’est sympa de voir ses compétences en narration récompensées parce que je travaille dur là-dessus en ce moment (une des raisons de mon absence de ce blog récemment).

 

Bref, cette nouvelle l’éditeur la résume très bien :

Une triste nuit, une terre ravagée. Une longue colonne d’engins de chantier quitte les lieux, leur travail terminé. À l’écart, un groupe d’ouvriers s’arrête pour une dernière veillée. Et pour la dernière fois, essayer de comprendre le pourquoi d’une si triste besogne.

Poétique et à la lisière du fantastique, j’ajouterai. La revue est à 3,50€ et pour en avoir déjà plusieurs numéros dans ma bibli ça vaut plus que le coût !

 

PS: pour toutes ces raisons je leur pardonne même l’erreur sur mon prénom sur la couverture (corrigée à l’intérieur cela dit).

Hein ?

Prise de notes sous ensemble.

HEIN ?

Il y a toujours ce morceau de plastique, accroché à la fenêtre de l’appartement vide du cinquième, qui flotte. Ça résonne dans la cour lorsque je penche la tête dehors. Je me demande s’il va finir par se décrocher.


« C’est pas toi qui paye l’électricité ! »
Je culpabilise presque de rester chez moi, parce que maintenant, c’est moi qui la paye.


Les pigeons sous les combles roucoulent.


La marque des déracinés des Balkans : la nuque raide, strictes envers eux-mêmes car habitués à dire non de la tête pour dire oui.


En Inca, « montagne » veut dire « maison ».

Ciao la ville

Jogging : se dit d’un texte écrit pour maintenir la forme.

CIAO LA VILLE

 

Mégalopole sous pluies,
Râle sur la ville.
L’amertume aux semelles
Colle les impers des passants piétons

Bicoque à l’âme
Ma bécane rame
Chicane sur tes lèvres

Pétarade calme, cœur en cloque :
Bondit sur les trottoirs le
Félin-machine en chasse d’un carnage d’amour

En rade de miroir
Trois jours désabusés sur mes joues.
Érable et lac, cabane en rêve
Mais Moloch sous les ongles-cité.
Ma p’tite, promis on s’aimera ailleurs.

Râle sur la ville, défile le routard.
Bris de glaces, s’écroule la ville.
Au profit des arbres, ma p’tite.

 

Berceau.

Merci Traction-Brabant !

Patrice Maltaverne (revue Traction-Brabant et association Citron gare) s’est fendu d’un petit billet de blog sur le site de sa revue pour présenter mon blog.

Plutôt fier, déjà, de voir ce blog résumé : puisque c’est la première fois que quelqu’un tente l’exercice, et parce que ce qui en est présenté j’en suis fier (pour être redondant.)

Merci encore pour tout et Traction-Brabant on se retrouve bientôt !

 

Lien vers l’article :

https://traction-brabant.blogspot.com/2019/07/polygone-portail-de-bastien-godard.html