Jour 1 – Je m’aime, moi non plus

« Je m’aime, moi non plus » est le projet de se dire tous les jours pendant un mois je t’aime face au miroir.

 

Jour 1 :

Je m’étais imaginé pleurer.

J’ai été malade pendant un peu moins d’une semaine. Gorge prise, fatigue extrême, rhume, passer la majorité de la journée à dormir. Ne pas voir passer les jours et quelque part, s’y complaire ou du moins s’y oublier. En toussant, devant le miroir, je me fais la réflexion que cet hiver je n’avais pas encore eu de crise de bronchite. C’est fait. C’était le cas l’année dernière, si. Tous les ans depuis que je suis petit à vrai dire, toujours un épisode l’hiver. Je tousse à ne plus pouvoir en respirer, glaires bien sales qui roulent sous la langue, à baver dans le lavabo et quand je me redresse, c’est mes yeux rouges-larmes qui suffoquent à chercher de l’air.

Mais je ne vais pas raconter ma vie, simplement voici pour mon rapport au miroir à ce jour.

Comme j’étais malade, j’ai laissé mon rythme se bouleverser. Je vais me coucher tard, très tard. Je sais, au fond, que j’ai retardé l’heure pour ne pas y penser, pour ne pas avoir à le faire. Sans avoir peur pour autant, réflexe angoissé inconscient. À trois heures du matin – me voyant devant le miroir – je comprends toute l’importance à cet instant du brossage de dents. De la saisir, mettre du dentifrice, me mettre en condition de la scène tout en faisant autre chose, m’imaginer dire ces mots, passer la brosse sous l’eau. Je vais faire ça dans la pièce d’à côté. Penser à autre chose. Mais j’ai vu, je sais, l’endroit et comment ça va se passer. Devoir se passer. Sans appréhension, sans cadre accueillant et réconfortant non plus. Petite salle de bain sans charme et miroir neutre.

– L’eau coule.

J’ai du m’y reprendre à deux fois. Pour être sûr que je l’avais bien dit. J’ai eu, sans le contrôler et comme seule réponse, un sourire de pitié et de respect envers moi même. J’ai acquiescé et je suis parti, sans penser à rien.

Arrivé en face de mon lit je me suis arrêté, mes épaules se sont affaissées, comme lorsqu’on se rend compte qu’on est passé trop vite devant quelque chose. La main sur la bouche.

Je n’avais pas besoin de pleurer, je m’étais déjà imaginé le faire.

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