Jour 6 – Je m’aime, moi non plus

« Je m’aime, moi non plus » est le projet de se dire tous les jours pendant un mois je t’aime face au miroir.

 

Jour 6  :

Il fait nuit.

Pensée de brossage de dent : (oui, c’est le subterfuge que j’ai décidé pour m’autoriser des pensées sur le sujet sans m’éparpiller, sans me justifier, sans en atténuer l’essence. Je me brosse les dents sur mon lit généralement, et je pense à ce moment là).

Je ne peux que constater, je ne le fais que la nuit. Pas seulement parce qu’il est plus facile de s’avouer les choses. Des choses que parfois l’on n’ose assumer le jour. Toute cette libération, elle vient du fait que la nuit, c’est vide. Les gens dorment, on est seuls dans l’espace pour peu qu’on voit les étoiles. C’est plus facile de parler intimement avec les autres, la nuit. C’est plus facile d’aller se dire je t’aime parce qu’il n’y a personne, pour voir, entendre, juger. C’est l’habitude de l’enfance, aussi, où l’on ne vit pas tout seul ; ne pas faire de bruit, la nuit. C’est l’habitude de ne plus entendre d’agitation dans les rues, ni dans les appartements mitoyens. C’est l’assurance d’être seul avec soi-même et, au final, quelque part se cacher. Des autres.

Est-ce qu’on peut vraiment s’aimer caché ?

Je n’ai, forcément, pas l’habitude de me regarder dans le miroir. J’ai certaines habitudes quant à la façon de me regarder, certes, mais là, face à moi, je me demande comment créer une complicité avec soi-même. Alors j’ai essayé quelque chose que j’ai déjà fait, de tout bête, jouer avec mes cheveux, les mettre dans un sens ou d’un autre.

Au moment où j’ai senti que ça allait franchir mes lèvres, juste avant, j’ai senti mon cœur battre plus fort. Le silence total du lieu. Je l’ai entendu battre.

Je ne me le suis dit qu’une seule fois. Elle m’a parue être dite plus forte. Jusque là, je n’ai fait que chuchoter. Ce chuchotement à la barrière de la voix, celui qui titille les cordes vocales. La peur qu’on m’entende. La barrière de la voix, de ma voix. Cette fois-là m’a parue plus forte et je ne suis pas parti tout de suite. J’ai continué à me regarder. Une fois suffit. Qu’importe si elle n’est pas dite de la bonne façon, ça suffit. Ca suffit à comprendre ce que cela signifie, ce que l’intonation, là, tout de suite, signifie.

Et là tout de suite, j’écris successivement quatre phrases que j’efface, des phrases trop écrites, intéressantes, mais qui ne traduisent pas ce que je ressens dans le fond. Ce qu’a provoqué le fait que j’écrive comprendre les intonations. C’est précisément là où il ne faut pas trop écrire, ne pas chercher à approfondir ce qu’on a l’intuition de savoir, instable, au risque de le perdre.

Bonne nuit et à demain, moi.

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