Jour 16 – Je m’aime, moi non plus

« Je m’aime, moi non plus » est le projet de se dire tous les jours pendant un mois je t’aime face au miroir.

 

Il est encore très tard. Mais est-ce vraiment important ? Quand on se cherche une nouvelle hygiène de vie, oui. Ce serait mieux si j’arrivais à me « déclarer » plus tôt (mise en mot temporaire pour remplacer « se le dire », plus proche du « je t’aime ») mais est-ce vraiment le plus important ?

Clairement ce soir, je n’ai pas la tête à ça. Et ça se voit dans le miroir. Pas par mauvaises pensées, mais simplement que je ressens le poids de l’obligation. J’aimerais mieux faire autre chose ; je ne me sens pas préparé à le faire ; je n’ai pas eu envie de prendre de temps pour me préparer. La répétitivité ? La peur de ne plus rien avoir à dire ? Celle-ci doit être balayée, je n’écris pas pour avoir quelque chose à dire. La peur de ne rien trouver de plus en moi grâce à ce défi ? Ce serait plutôt la peur de ce que je pourrais trouver encore. Le problème n’est donc pas là, faux arguments.

Me déclarer en fin de journée, comme ça, associé au brossage de dents. L’impression constante d’être trop fatigué au moment de le faire. Est-ce que l’association des deux actes ne devrait pas prendre fin ? Est-ce que je ne devrais pas oser désormais le faire sans filet, sans cette couche de protection du rendez-vous d’avant d’aller dormir ? Pas pour me repousser dans mes limites cette fois, non, juste pour continuer. Ne pas connaître l’impression de stagner. Et pourtant, la routine a du bon. Il paraît. Si ce soir j’ai plus la tête à réfléchir sur le comment que sur l’acte de guérison, ce n’est pas à faire taire. La routine a du bon dans le cadre qu’elle installe, la stabilité qui réconforte les cœurs troublés, qui ne savent pas eux-même ce dont ils ont besoin. Le fait de se le dire même lorsque l’on n’en a pas envie, sert à (me) montrer que les instants bénéfiques ne sont pas seuls, que plus tard, même lorsque que ça n’ira pas, je serai capable d’être là. Et je serai là.

Beaucoup de questions et face à moi, peu de réponses.

En me brossant les dents, j’avais laissé la porte grande ouverte. Par réflexe, en me plaçant en face du miroir, je l’ai rabattue. Toujours en la laissant légèrement ouverte – juste assez pour ne plus voir en-dehors. Elle était ouverte en me brossant les dents, ça ne changeait rien, mais je l’ai fermée.

Je me suis placé comme hier, mais instinctivement cette fois, pile entre le miroir et le mur. Ni trop près, ni adossé.

L’air fatigué toujours, oui, mais surtout la tête à vouloir être un peu ailleurs. Pas énervé ou mécontent d’être là, pas absent non plus, juste un peu ailleurs. Je crois que je m’apprécie un peu. Je ne me suis jamais attendu, lors de ce mois (dont la moitié déjà est passée), à un changement radical. D’ailleurs si je retournais les choses, je pourrais me dire que tout ce le n’est qu’auto-persuasion… Je ne peux pourtant que constater que même dans cet état de fatigue décrépi, je m’apprécie un peu. Sans grand sourire mais vaillant, (vaillant, c’est ce mot qui me vient même s’il ne me fait, là tout de suite, aucun écho particulier).

Je me déclare en le chuchotant fort et distinctement, sans sourciller. Rien ne se produit à la suite et je vais me coucher.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s