Jour 18 – Je m’aime, moi non plus

« Je m’aime, moi non plus » est le projet de se dire tous les jours pendant un mois je t’aime face au miroir.

 

Dans l’entre-deux, un miroir. Le doute et l’attente, et puis un miroir. Je ne suis pas assez calme, pas assez apaisé, et un miroir. Pas de brossage de dent, mais l’attente et le silence et un miroir. Là, sur ma gauche quand j’écris, assis sur le lit, je le vois. Je suis pile en dehors du cadre. Je ne m’y reflète pas et je tape sur mon clavier et je me dis qu’il faudrait le faire, maintenant. Il suffit que je penche la tête en avant pour me voir dans ce miroir. Je me dis que peut-être ça pourrait m’apaiser et m’aider à attendre plus sereinement. Mais dans les nerfs, autre chose me dit que ça ne m’aidera en rien, que ça pourrait me miner et me déconcerter plus encore. En attendant, j’hésite et pourtant je sais qu’il faudra que j’aille devant ce miroir, pour trancher l’indécision. Tout faire pour y trouver quelque chose. Comme si la demie-heure qui suit pouvait dépendre de ça – alors qu’elle ne dépend concrètement pas que de moi. Je crois – ou pas.

J’avais eu une pensée tout à l’heure, que j’aurais pu noter ici, et puis je l’ai oubliée en chemin. C’est frustrant. Mais j’ai un jour lu une citation qui, même si ce n’était pas le sujet direct, parle de la mémoire et de l’inconscient. Les belles pensées s’oublient mais ne disparaissent pas.

Il me semble que c’était une pensée constructive, positive, alors même si je n’arrive pas à remettre le doigts dessus, j’espère qu’elle a été utile en moi et qu’elle continue à l’être.

Je me tiens face à moi-même. Les mains dans le dos, presque solennel. Au début, je ne pense à rien. Je me regarde droit dans les yeux, mais je me vois sans me voir, dans le vague.

Puis, j’essaye d’activer des choses en moi. Ça fonctionne à moitié. Je me perds dans une autre considération (je n’avais jamais remarqué que j’avais une narine plus petite que l’autre). Je me concentre. Le tout, c’est d’essayer de chercher des pensées positives, réconfortante – chercher l’ambiance réconfortante qui existe lorsqu’on se sent bien, de manière générale. Le faire face à soi. C’est de la psychologie de petit chimiste, en associant une image à une pensée. D’une certaine façon, lorsque l’on prend une mauvaise habitude en se regardant, c’est aussi ça. Là où on peut se poser la question, c’est sur « n’est-ce pas superficiel de le faire de cette façon ? ». Il faut balayer cet argument ; la démarche est sincère, ça ne veut pas dire que le visage que je verrais tous les jours dans le miroir sera réconfortant, mais la démarche part du fond du cœur et n’est à aucun moment superficielle.

Je le dis et ça me fait bizarre. De le dire pas chez moi, à nouveau. Dans l’instant même, la pensée que j’avais oublié dans la journée me revient. C’était à propos du rapport narcissique de se dire je t’aime, seul dans son coin, dans un lieu où d’autres gens vivent. Le narcissisme.

Finalement cette chose que j’avais oubliée n’était pas si positive.

J’y réfléchirai plus tard. Au moins je m’en souviens, bien que ça me donne le doute sur ce dont je dois faire confiance, je me sens malgré tout plus droit en moi-même. Moins de tressautement dans le cœur. Aplanir.

(Note de correction : la seconde où je me déclare provoque visiblement toujours des micros-réactions ou pensées, elles ne sautent pas aux yeux mais peuvent être utiles si l’on y est attentif.)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s