Jour 20 – Je t’aime, moi non plus

« Je m’aime, moi non plus » est le projet de se dire tous les jours pendant un mois je t’aime face au miroir.

 

Le problème est toujours un peu le même : faire ce petit rituel tard, si tard. C’est plutôt le ressenti par rapport à ce fait qui change. Parfois on n’a simplement pas envie, l’impression de se faire rattraper par la machine des jours et que vingt-quatre heures sont définitivement trop courtes. L’impression de faire toujours la même chose, sans avoir eu le temps, chaque fois que tombe l’instant rituel, de faire assez de chose, sans savoir si le problème se trouve plutôt dans la répétitivité, ou dans la nature même de l’existence d’un rituel. Bien que le problème ne se situe certainement dans aucun des deux, voir même qu’il n’y ait en réalité aucun problème à ces sentiments là.

Il y a simplement cette idée de défi, de moment quotidien à effectuer sans faute, pendant trente jours. Et il y a forcément des remise en cause, des lassitudes, des envie de faire autre chose. La nature même de ce défi pousse à repousser sa détermination. On réalise simplement que se dire je t’aime, le fondement de ce défi, n’est pas seulement passager, mais qu’il sera à faire pour toute la vie. Toute la vie. La pensée fait écho à un point vertigineux, qui me dépasse (pourquoi tout ce «  on » en préambule quand je ne parle que de moi, je ne suis le porte-parole de personne, je ne fais que parler). Alors le faire rigoureusement pendant un mois, c’est une épreuve à passer, un condensé de tout ce qu’on peut vivre, d’une certaine façon, avec un rythme plus accru. Il est sans doute trop chronophage de faire ce rituel quotidien toute sa vie, mais il sera nécessaire et capital d’y revenir. Ce que je battis ici.

La sensation qu’en regardant un certain endroit de mon visage, ou plutôt sous un certain angle ou, non, plutôt avec une certaine focale, je m’apprécie mieux. Je n’arrive pas bien à déterminer, ça reste une attention encore fuyante.

Je me suis surpris ensuite à une fois de plus me regarder de trop près. Ça a duré autant de temps que la première observation résumée en une phrase au-dessus. Je m’en suis sorti tout de suite. Je me rends compte également que cette auscultation, je la fait en fronçant les sourcils, ça demande un effort douloureux aux yeux.

J’ai laissé la porte grande ouverte.

Je le dis et ça me donne un sourire, pas immense, mais sincère et rassurant. Il vient sans forcer, automatiquement.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s