Jeu de nuit

Étendu les bras en croix

Le plafond me regarde

Je lance mes yeux comme des dés

Ils clignotent sans que je ne sache

S’ils s’ouvrent ou se ferment

: quand je m’arrête, le jeu consiste à deviner

De quel noir est faite l’obscurité

 

Les palpitations repliées sur mon torse nu, le jeu ne marche plus

 

Je me suis bâti un sarcophage de couettes

Où j’attends qu’un prophète me rejoigne ;

Que des doigts somnambules qui grattent les couloirs

De ce labyrinthe dont nous aurons toute éternité

 

Crépuscule

Ils sont beaux les vivants,
Leurs visages papiers froissés
Maquillés de poussière

Des pieds trainent, balayant les trottoirs

Et quand la nuit tombale hôte sa stèle,
On se relève des matelas cimetière
On y marche à ciel ouvert
Ils sont beaux, les vivants.

Statique

Un pas en avant, il oublie

Un pas en arrière

                                     le froid et les larmes lui montent

: il reste sur place et la mort le rattrape.

Alors l’ennui

                                          Arrive

  ; il faudra bien bouger.