Lost song

Un peu d’écriture en anglais, vieux poème qui était pour une chanson.

 

Écriture automatique #2

Zérométrie organicomique des sens effleurés, par la pensée de ta peau qui me regarde en chien de faïence, vase clos de lèvres chine précieuse chine précieuse d’autres rivages plein de lèvres maudites et sérénade pour tes pères. Des avions serpents hantant les couloirs des temps passés, lorgnés par éclair odieux farceur ; l’enfer diluvien de plaines célestes, c’est les plaines désertes qui chantent l’horizon du plat et les montagnards s’y pendent en cochons farcis radiés des hauteurs qui les ont vu grandir : c’est pour s’élever un peu. Ça les descend. Ça redescend le niveau de la mer, ça dégouline du bord des fleuves aux mars de café tourista fluviaux bégonias tropicaux – chauds les marrons, chauds les touristes descendant de la pirogue. Ça dégouline les plaines sans pente. Sanpante sanpante nom de fleuve, de fleur, de manche de pantalon trop courte et ça mouille quand on met les pieds dans l’eau, éclabousse la mousse des lèvres écumante quand l’effort se fait sentir. Remonter le cours d’eau saumon paillette destiné muerte l’amigo, muerte mais beauté tu sais les écailles ça brille, c’est beau l’espoir, c’est beau l’acte. Même contrer la nature en fait partie, même la révolte en fait partie, même le contre est pour. Remonte, remonte, Gustave Doré remonte Remington en bandoulière tu aurais pu être autre. Saumon sur tes lèvres Gustave, saumon sur tes lèvres.

Deuxième mouvement pour concerto sans instrument, ni musique, ni sens, ni mot, ni filet que je coupe, que je coupe poétique mal placée trop de conscience j’écris mal placé me déplacer la tête en bas, écrire mal placé, mal placé pour écrire : je n’ai que dix doigts, il m’en faudrait cent ans.
Santant, santant, manche de chemise, non ? Champignon je crois poussant dans les bois au coeurs de bouses chamois. C’est l’essence forêt nature qui m’anime inconsciemment -et dire inconsciemment c’est déjà avoir conscience de la présence de l’imprésent, c’est terrible gouffre humain qui m’éloigne en pleurs des bois chéris. Des bois comme sont faits mes os, mes os de bois où pousse la fleur de ma peau.
La plaine verse l’eau à la mer, renverse la physique contre-pourlanature, les montagnes balancières enfantes et puis la mer deux dimensions. En fait c’est ça les bois c’est microcosme pour les sensibilité de mes muqueuses mousses d’épicéa poumons, c’est ça en fait que la mer ne me prends pas dans son remplissage : je suis déjà plein, j’ai cru au vide en ne voyant que les espaces entre mais : les fractales des mousses lunaires se développent selon les saisons et éponges des choses en moi comme tes larmes et tes rires – oui toi du début de quand j’ai voulu m’éloigner de ma conscience mais qu’elle me retient par les fils ténus que je ne comprends pas, pas prisonnier mais là et c’est toi qui est venue. Et je n’ai pas besoin de l’eau boule à neige, pas besoin de sa mémoire de l’eau stagnante houlante hurlante tanguante ; la croissance paisible et la mort lente suffit à mes sens et la chlorophylle que j’accepte couler dans mes membres. Je vois vert et c’est beau, je vois mousse rose et c’est beau j’entends mer et c’est loin, j’attends son d’arbre et c’est vie.

Écriture automatique #1

As-tu vu les origamis d’antan chantant le temps d’autres colonies, et tous les autres ramassis de conneries que tartinent des pages de PQ doux à motifs floraux (?) ; je rêve de tartines, de plage, de sable et de vent pour des dunes à pertes d’horloges. Du sable dans l’horloge et j’ai toujours haï le bruit des aiguilles qui n’a rien d’aigu.

Si tu tires sur la nappe un grand coup, peut-être que les couverts resteront tous en place et on pourront continuer à slurper la soupe comme si de rien n’était, comme si la télé n’avait pas annoncé des morts, comme si tout ça était normal et qu’aucun cuistot prestidigitateur à moustache n’agitait sa serviette pour dépoussiérer les mirettes. Vérole ressemble à un nom de champignon. Y’a sans doute des noms de maladies de pourriture de peau qui ressemblent à des champignons. Avec un peu de beurre, ça fond dans la poêle. Avec un peu d’huile, ça grésille. La différence, c’est comment on prononce « poêle » entre le sud et le nord de la France. Sans rien, ça fait un bruit de caoutchouc qui accroche. C’est rigolo, de faire cuire du cuir en plastoc. Je les préfère à la crème, à vrai dire. Y’a du sable qui dégouline de l’horloge et va encore falloir balayer. Quand y’en aura plus, on entendra encore ce sale bruit pas aigu, le bruit des couverts qui raclent les assiettes et tout un tas de conneries à travers des lettres et des baffles. Laissez moi le temps de dunes.

Même en écriture automatique, j’ai prolongé la fin parce que j’avais envie de boucler une conclusion à partir de toutes ces incohérence dites. Du coup la moitié est l’écriture automatique de fin sur une écriture automatique tout juste précédente. Mais je crois que c’est normal : le temps, c’est pas juste une chute toute droite après tout. Ça tourne en rond, pas vrai ?

On m’a dit

 

Un jour on m’a dit que j’étais quelqu’un de bien

Un jour on m’a dit que j’étais égocentrique

Un jour on m’a dit que j’étais bipolaire

Un jour on m’a dit que j’étais l’amour de sa vie

Un jour on m’a dit que j’étais un manipulateur

Un jour on m’a dit que je faisais peur

Un jour on m’a dit que je me sentais coupables de choses auxquelles je ne peux rien

Un jour on m’a dit qu’on ne m’aimait plus

Un jour on m’a dit que j’étais une chimère

Un jour on m’a dit qu’on m’aimait

On me dit toujours des choses, un jour ou l’autre

Un jour je me suis dit que ce qui comptait, c’est ce que j’en fais.

Aux nuits oranges

Juste un petit pantoum d’entraînement…

 

Sans temps perdure sans mourir
Les contours pierreux des bâtisses.
Les confettis de tes sourires
Saupoudrent ce qu’on sait prémisses.

Pataude ville en nuit orange
Sans temps perdure sans mourir
Tirant le trouble, tes mots rangent
Les confettis de tes sourires.

Arènes aux arches profil,
Pataude ville en nuit orange.
Petit doigt et cœur liés au fil
Tirés du trouble, tes mots rangent

Nos ombres derrières les grilles
D’arènes aux arches profils.
Front contre front, voltes et vrilles :
Petit doigt et cœur liés au fil.

S’évadent de cité empire,
Nos ombres derrières les grilles.
Front contre front, voltes et vrilles
Sans temps perdurent sans mourir.

Appel à illustrations – revue Mammouth éclairé n°12

Bonjour tout le monde,

J’ai déjà parlé de cette revue par le passé, le Mammouth éclairé qui me tient à coeur puisque j’ai déjà participé à son élaboration avec des amis (et que le boulot et les textes fait dessus sont de qualité ! ), mais en ce moment un appel à illustrations est ouvert pour ceux que ça intéresse !

Le thème de l’appel est « Gros-temps »

Vous trouverez toutes les informations en suivant ce lien : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=32744.0

Cahier photos #1 – Italie

Dans la continuité des superpositions, quelques photos de voyage en Italie (Florence-Rome-Naples) en argentique noir et blanc.

Photo de rue où j’ai essayé de capter des moments, que ce soit : une imbrication d’un photographe prenant en photo un enfant absorbé par la vue d’un manège, un saxophoniste jouant sur les quais romains (saxophoniste débutant, s’isolant pour cacher ses « bruits »), une fête dans le quartier dans un des quartiers les plus dangereux et pauvres de Naples (Les quartiers Espagnols) ou un père attendant sur un petit vélo que sa femme et sa fille déposent une croix devant un sain protecteur des marins. Autant de moments.

Revue Phaéton – 2019

Autre très bonne nouvelle :

une fois par an sort la revue Phaéton. C’est un gros morceau, un peu à part dans le milieu des revues littéraires et poétiques, dont j’ai pu avoir le plaisir de rencontrer les responsables au Marché de la poésie. Le franc-parlé de Pierre Landete m’avait marqué et, maintenant la revue en main, ce qui me marque et m’impressionne le plus c’est la quantité impressionnant de travail fournie sur cette revue !  Il n’y a qu’à voir le nombres de correspondants et de contributeur pour s’en rendre compte.

Revue interdisciplinaire de près de 400 pages, donc, où des analyses, des critiques, des documents de recherche se retrouvent autour des arts, de la littérature, de l’histoire ou des sciences sociales. Extrêmement intéressante et documentée, on retrouve également des textes de Baudelaire, Supervielle avec de nouveaux éclairages et, au milieu de la revue, un cahier rouge contenant de la poésie.

C’est donc bien modestement que l’on peut retrouver un de mes poèmes dans ce cahier, honoré de figurer dans ce panorama de la poésie actuelle et reconnaissant d’y laisser un place.

Excellente revue, avec grand sérieux et grande qualité.

NaNoWriMo 2019 – défi d’écriture

J’aurais pu en parler plus tôt, mais depuis plusieurs années, le mois de novembre est synonyme pour moi d’écriture – intensive. De NaNoWriMo pour être plus exact, NaNo pour les plus intime (pour National Novel Writing Month). Salut à tous les wrimos qui zonent sur wordpress, force et honneur, même. Le mois de novembre en était le synonyme même lors des années où je n’y participais pas, c’est dire à quel point c’est un événement qui marque. L’idée est aussi simple qu’ardue, écrire 50 000 mots en un mois. Soit 1667 mots par jour. Un rythme plutôt intense d’écriture, donc.

 

Pourquoi c’est bien de se faire du mal ?

 

Pourquoi ça fait mal ?

 

Le rythme étant soutenu, il force à écrire plusieurs heures par jour : un ou deux jours de pauses histoire de se laisser le temps de penser à son scénario peut suffire à se mettre en retard. Les statistiques nous guettent plus que l’on procrastine en les observant. En fait pour gagner quelques mots, on se retrouve rapidement à ne plus se relire, à ne plus faire de corrections, encore moins (il ne faut pas) à supprimer des passages. Au bout de deux semaines, même lorsqu’on envoi des messages à notre entourage, un étrange sentiment de rallonger ses phrases, d’ajouter des mots là où l’on n’en ajouterait pas, s’impose. Comme dans cet article de blog et ça se sentira certainement. (Oui, cet article est là pour faire des mots que je compterai honteusement dans mon Nano, je n’ai jamais trop aimé les règles et tant mieux, le Nano n’est un défi qu’envers notre propre conscience.)

 

À quoi ça sert, alors, d’écrire quelque chose qui a de grandes chances d’être majoritairement mauvais ? Écris d’abord, tu penseras ensuite. Voilà la réponse. Il faut d’abord casser le mythe du premier jet. Le premier jet n’est jamais « le bon », la finalité du manuscrit. Écris d’abord, tu penseras ensuite. Le Nano c’est appliquer ça à l’extrême, et ça fait pas de mal au lâcher prise. C’est même là qu’il devient intéressant : en se forçant à ne pas se retourner, on apprend différemment. En apprend « dans l’action » de l’écriture, nos mauvais penchants, nos écritures de personnages qui se révèlent parfois d’eux même, s’imposent à nous de manière semi-automatique. Ce n’est pas tellement mon cas, mais c’est ce qui ressort souvent de mes discussions avec d’autres participants au défi.

 

Je crois que la première fois que j’ai fait ce défi (la seule fois où je l’ai réussi, d’ailleurs), c’était en 2013. Je n’avais jamais envisagé avant d’écrire quelque chose d’aussi long, ou alors pas avant plusieurs années. Pas avant d’avoir acquis une méthode d’écriture plus solide – ce qui est plus le cas aujourd’hui. Je n’étais pas prêt à mener de front un aussi gros projet. Le jet final est informe, manque de cohérence, est bourré d’erreurs. Mais ce n’est pas grave. Ce n’est pas ce qui est important. Je me suis prouvé à moi-même, cette fois-là, que j’en étais capable. Je me suis rendu compte en le faisant ce que représentait d’écrire un texte aussi long, j’ai compris dans mes doigts les difficultés que c’était, et à la fois que ce n’était pas si dur. Ou plutôt que c’était possible. Je n’ai pas réussi les autres années où j’ai essayé parce que je n’étais pas prêt non plus. Mais ça n’a pas d’importance : ce qui s’est dessiné, dans ces échecs, ce sont les raisons de mes échecs. Mes mauvaises tendances dans mon processus d’écriture.

 

Cette année, c’est à nouveau une expérience – différente, comme chaque année. Mon problème était dans la lassitude et la compulsivité. Je partais comme une balle – je me suis été plus un sprinteur qu’un marathonien, ce qui est difficile à mettre en adéquation avec le fait d’être romancier, même si c’est possible moyennant aménagements extrême de ses conditions d’écriture. C’est-à-dire, en ne faisant, ne pensant, plus qu’à ça. Je ne pensais effectivement qu’à ça, mais j’étais dans l’impossibilité de faire ces 50 000  mots sur ma période de motivation. C’est-à-dire que mon attention sur un projet roule sur une dizaine de jours, puis veut passer à autre chose. J’ai cette année testé des roulements, fonctionnant plutôt bien, de dix jours passant d’un projet à l’autre. Le problème de l’obsession est qu’elle vide complètement les batteries. La nécessité de phases de repos, de rechargement – de rêveries, même – est primordiale. Pour moi en tout cas. J’ai donc abordé la chose différemment cette année – la lecture en amont des conseils aux romanciers de Murakami m’ayant un peu inspiré dans ce sens, car ayant une démarche très personnelle qui n’est pas la mienne, ce qui est toujours intéressant de piocher chez nos opposés. Je m’essaye à la tempérance. Ne pas en faire trop. Ne pas vider ses batteries tout de suite. Apprendre et observer ses rythmes de regénération scriptive. J’ai mieux passé la période critique ainsi. J’ai également essayé de casser ça, d’exploser un quota lors d’une journée. La conséquence a fatalement été une perte de motivation les jours suivant. Comme si j’avais trop écrit d’un coup, comme si derrière je n’écrivais plus que par mécanisme ayant perdu une part d’enthousiasme qui m’avait maintenu en écriture durant toute une journée. Personne ne fonctionnera pareil, ce qui compte c’est de s’expérimenter et d’apprendre comment nous et notre écriture fonctionnons.

 

Que ce soit clair : je n’écrirai pas tous mes projets de cette façon. Ne pas se retourner me dérange, je préfère peaufiner. Le retravail de ce projet va continuer à m’éloigner quelques temps de la poésie qui animait ce blog. Ce n’est pas dérangeant pour autant, si la phase de correction me faisait auparavant peur, je réalise depuis quelques mois en étant dedans à quel point c’est la plus capitale. Et je le réalise parce que j’y prends énormément de plaisir, c’est là que se crée, dans la matière brut, le roman. Mais ce n’est pas ce qui importe, ce que je veux dire dans ce petit article un peu trop long où je m’auto-anaylse. Mon propos est uniquement sur l’expérience, l’expérience multiple qui peut être menée au travers du défi. C’est dans ce genre de situation que l’on peut le mieux se comprendre et améliorer notre façon d’écrire, et la lourde tâche de retravail du Nano m’enthousiasme désormais car je sais qu’elle sera également une phase de test de différentes façon de travailler.

 

En bref : écrivez, de temps en temps regardez-vous écrire en levant les mains du clavier, puis écrivez, encore mieux.

Biche Fauve n° 1 – Dehors

Merci Biche Fauve, content de faire partie de ce premier numéro et merci pour la lecture aux autres auteurs 🙂

Biche Fauve

Le premier numéro de Biche Fauve est enfin disponible ! Un immense merci à tous·tes les contributeur·ices et aux personnes qui, de diverses manières, lui ont permis de se construire une existence au dehors. Découvrez-le gratuitement en suivant les liens plus bas. Bonne lecture !

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Les contributeur·ices :

Ari Lawi – Nina Terrpl – Laetitia BischoffChris Bellabas – Naeimeh Doostdar – Gracie de la Nef – Mathilde Silveira – Astrid Shriqui GarainRim Battal Parmi les récitsLydja Uta SzatkowskaAdrien CrispynSophie EustacheBeatrix MiraNelly – Djinn la Ghoul – Marie Thiberge – Gaelle Phœbé – Caroline Boulord – Fille de l’instant

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