7jours7poèmes – n°1 : SUBIR

7jours7poèmes, petit défi d’écriture tout simple : écrire un poème par jour pendant une semaine ! Ici les textes sont postés en deux versions, la première retravaillée, la deuxième le premier jet du défi.

SUBIR

Te révélera-tu
Traqueur ou cueilleur,
mon fils ?

Brouhaha pré-estival ;
Des criquets s’annoncent
Par les gorges

Une langue froide
Frontale
S’exprime en pierres à l’eau

Superpositions.
tout autour de moi planté sur lit les gestes et les sons impriment

mon air des traces du passage dupliqué
de sept années de vie ici
rodant

félines
Se plaquant en sept serpents mirages sur une coupe d’émail,
Coupe mon crâne

Tourne
Né l’œil ouvert
Tourne

Dans le barbarisme des sonorités
Se copient des familles
Qui disent mon nom

Je suis né ‘toujours pas bougé’

Les fantômes (de mon enfance, qui n’est qu’une heure)

me gravitent,

En attente
Au degré zéro de l’éveil

Je ne bouge que pour enquêter au plus près d’un bruit qui m’aurait fait peur

*

Découvre la parole pour la taire

Lève-toi et

Marche après le soleil

re
tu    verras

Le temps où tu navigues

Et que les autres pressent

Premier jet lors de la semaine du défi :

PLAIE

Te révèlera-tu
Traqueur ou cueilleur,
mon fils ?

Brouhaha pré-estival ;
Des criquets s’annoncent
Par les gorges

Une langue froide
Frontale
S’exprime en pierres à l’eau

La
superposition
tout autour,      des rémanences et des sons
de sept années de ma vie     qui
gravitent, ensemble
;
félines
Plaquées mouvantes en sept serpents mirages sur une coupe de bronze,
Coupe mon crâne

Tourne
Né l’oeil ouvert
Tourne

Dans le barbarisme des sonorités
Se copient des familles
Qui disent mon nom

Planté graine
Je
Planté raide

Je suis né toujours pas bougé
En fond, trompètent des ondes qui me devraient inaccessible
Tous les fantômes me gravitent
Une minute, c’est mon enfance

Au degré zéro de l’éveil

Je ne bouge que pour enquêter de plus près un bruit qui m’aurait fait peur

Découvre la parole pour la taire
Marche après le soleil       re
tu    verras
Le temps où tu navigues

Publicités

Revue Gorezine n°2

En février, j’ai vu une de mes nouvelles publiée dans l’horrifique revue Gorezine, deuxième du nom.

Comme vous pouvez le lire sur ce blog, ce n’est plus trop dans mes habitudes d’écriture du gore ou du trash, et pourtant j’en ai pas mal écrit par le passé et ça peut encore arriver parfois. J’ai choisi le côté lumineux de la force. Mais c’est une forme qu’il faut manier avec outrance, sans pour autant rentrer dans la surenchère, pour constamment titiller le lecteur.

Pour un deuxième exemplaire de cette petite revue, ça y va fort. Une centaine de pages, des illustrations de grande qualité (et frémissantes). Je ne vais pas mettre d’extrait de mon texte, mais il y a dans cette revue, petite soeur du fanzine Violences qui a fait ses preuves dans le milieu de la littérature trash, il y a de très bons textes.

Elle est élaborée par Luna Beretta et Christophe Siébert, tous deux très talentueux, et vous pourrez retrouver des extraits de textes sur le site de Luna qui référence les revues Violences et Gorezine.

 

Des temples et des jungles – Extrait

Extrait d’un bien plus long poème, presque incantatoire, Des temples et des jungles :

De petites pierres dans de petites poches

Et des petits souvenirs-trésors où s’agrippent doigts vieux

Cicatrices de marbres, cicatrices, les veines

Chacun s’est vu être temple, et l’on s’y retrouve tous

Lors des pleines lunes, des soirs sans ciels et des soleils blafards

Et toutes les déclinaisons d’adoration se déclinent

Se déclinent et déclinent les chutes de fluides de nos yeux aux sols

Partout les temples à travers les terres

Se concentrent en long chant petrichor, mille fantômes

Adorent une déesse à travers les siècles

Mille spectres imprègnent un seul temple

Un seul temple et des mains qui font sens

Un temple froid

Qui ne vit que pour être visité

Qui n’est érigé que pour être habité

Par sa présence passagère

– les regards vers le haut, les soupirs

Une chaleur qui ne s’explique pas, la présence

Oui, sa présence,

Nos corps sont un temple que la déesse parcourt.

*

Pourquoi les jungles  ? Hostiles les jungles

Tropicales, lourdes, inquiétantes même de jour

– les mouvements des feuilles  ; mortelle végétation à dents –

Mais naturellement : car la fièvre

Les jungles car la fièvre

Parce que nature dépouille, détrousse les biens

Quelques poils, quelques baves, quelques chairs

La fièvre Humaine

Les délices, les hallucinations

Le délire d’esprit et les cris

On jouit contre les arbres, on hurle seul

On se perd et on exulte, à tailler, casser, craquer les branches qui empêchent un chemin

La route qui n’existe plus que parce qu’on la trace et qui se referme

Nous avale à chaque pas : il n’y a de route que le tchac tchac

Et les quelques feuilles coupées qui tombent à sa suite

Le reste cicatrise et se tâche du sang qu’un instant avant de l’évacuer

Dans les pluies tropicales et les fièvres qu’elles font couler dans nos cheveux

Sur nos sourcils qui débordent et nos lèvres qui tremblent

Alors là,

Seulement arrivé là :

Tu bâtiras ton temple.

Étude sur les forums d’écriture

 

En 2018, Julien Côté de l’Université de Sherbrooke au Québec, a effectué un mémoire porté sur les forums d’écriture, leur utilisation, leur fréquentation, leur utilité.

Vous pouvez la retrouver en détail ici : https://savoirs.usherbrooke.ca/handle/11143/15024

Son analyse s’est portée sur les forums de moyenne et grosse taille, à visée plutôt généraliste. Certains de ces forums comportent plusieurs milliers d’inscrits, pour des communautés actives de centaines de personnes. À l’opposé des plateformes de lectures comme Wattpad et Scribay, ayant émergées cette dernière décennie, les forums d’écriture existent depuis les années 90. Ici certains existent depuis plus de dix ans.

Le but, sur ces forums, n’est pas uniquement de se faire lire, mais bien de proposer de travailler ces textes, comme des antichambres amateures de publication. Le mémoire analyse justement les différentes pratiques de commentaires (corrections orthographiques, syntaxiques, avis sur le fond et la structure et moyens techniques de citation de texte), mais aussi les communautés de ces plateformes (aux environs des trente ans, avec un taux d’études élevés et souvent une proportion notable de personnes travaillant dans le milieu de l’édition.)

Ces structures ont pris beaucoup de poids au fur et à mesure des années : là où la grande majorité des forums restent des petites communautés d’une dizaine de personnes, agissant comme une famille de lecteurs, ces « gros » forums francophones ont du s’adapter à garder l’esprit de « commentariat » afin d’aider tout à chacun à améliorer son écriture, en s’adaptant à son niveau, tout en gardant un aspect humain et souvent des amitiés qui se créent.

Bien sûr, ce sujet me touche car j’ai fait mes classes très jeunes sur ce genre de forum, et continue d’ailleurs de les fréquenter. C’est avec pas mal d’amusement et de joie que j’ai découvert cette étude qui s’intéresse enfin au monde des forums. Si ceux-ci ont souvent des tendances portées sur la SFFF, c’est tous les aspects de la littérature qui y sont traités, et souvent des membres finissent par publier livres et revues (certains développent leurs propres revues.)

Contrairement aux petites plateformes, où un « entre-soi » se crée, souvent très agréable cela dit, ici c’est le grand chambardement des personnes qui fréquentent, partent et reviennent donner leurs avis, qui donne une immense diversité de points de vue. On y apprend à affirmer ses choix, à les remettre en question au travers de points de vues divergents. Contrairement également aux grosses plateformes dîtes d’écriture, mais qui sont en réalité plus des vitrines d’auteurs pour des lecteurs, il s’y trouve dans ces lieux de véritables organisation collaboratives et horizontales, basées sur le bénévolat et le partage de connaissance, d’expérience. L’exercice même de passer au crible le texte d’un autre amateur que soit, de voir ses erreurs, se poser des questions sur ses choix et recevoir ses explication, est d’u immense richesse afin d’explorer nos propres goûts. Que ce soit en terme de lecture, ou de choix d’écriture.

En bref, je saurais exprimer en long en large et en travers mon amour pour ces plateformes, aux échanges riches et mouvementés, majoritairement bienveillant (dans le but véritablement d’entraide), qui sont souvent déconsidérées dans la pratique de l’écriture. Chaque lieux ne correspondra pas à tout le monde, il faut y aller en s’attendant à recevoir des critiques, il faut être prêt à partager ses textes. Pour d’autres un blog ou une plateforme de lecture sera suffisant, il convient à chacun de connaître ses besoins… Mais je suis heureux que l’on puisse donner aux forums d’écriture, qui traversent le net depuis tant et tant d’années, leurs lettres (non pas de noblesse), mais de beauté et de partage, et que ceux-ci continue à accélérer les talents de chacun, pour tout ceux qui veulent travailler leur écriture (et pourquoi pas rencontrer des gens).

 

Vous pouvez à nouveau retrouver et approfondir le travail de Julien Côté ici : https://savoirs.usherbrooke.ca/handle/11143/15024

(sur lequel je ne fais qu’une piètre synthèse, plutôt une réflexion personnelle.)

Dans ce mémoire, trois des plus gros forums francophones sont cités :

  • Le Monde de l’écriture – forum généraliste porté sur l’entraide à l’écriture au texte par texte, avec de multiples projets animés (notamment la revue du Mammouth éclairé)
  • Jeunes écrivains – plus gros forum en terme de membres, avec les textes des membres compilés, extrêmement animé lui aussi par de multiples concours et jeux d’écriture
  • Cocyclics – le plus « professionnel » des trois, centré sur les romans de SFFF avec des bêta-lecteurs assignés et une grande exigence sur les textes.

 

Un conseil surtout : bien lire les règles de ces lieux avant de vous inscrire, explorer l’ambiance du lieu également, on y est accueillis comme dans des maisons, et c’est la moindre des choses 🙂

 

S’aimer miroir – Revue Encre[s] n°2

Le 16 mars sort le numéro 2 de la revue Encre[s], revue très prometteuse et de qualité qui a débutée l’année dernière (la précommande offre les frais de ports ^^).

À l’occasion de leur appel à texte sur le thème Poli/brut, j’ai composé un poème visuel (qu’il m’est difficile de reproduire ici à vrai dire, l’instrument ici est pas super aisé…) qui se lit en double page. Mais je peux quand même en montrer le tout début :

S’AIMER MIROIR

coin de mur comme à l’école • fixe le plafond pendant des heures

rien • une araignée dans un recoin, peut-être • fissure à cause du

poids de tout l’édifice • simple maison, bicoque, fondation sans

murs-porteurs • des mains qui vont et qui viennent sont venues

sur le toit, les tuiles tombent par orage • ce sont les autres qui •

avec les nuages, on voit mal mais ça vient bien de là • haut • trop

de gens qui marchent sur les toits, des lunes comme des cha-

peaux avec les yeux qui disent ni oui ni non • c’est ne pas savoir •

ne pas savoir pourquoi comment avec qui où • ni ni ni ni ni •

il n’y a pas dans de monde dans les maison, il n’y a que toi •

qui tremble • ? • c’était peut-être seulement le bruit des tuiles,

de la pluie • rendors-toi, regarde-toi • fait-pas-ci, fais-pas-ça •

Micro-trottoir – Comment choisissez vous vos livres ?

 

Fin 2016 j’avais fait un second micro-trottoir, toujours pour le Podcast du Mde. J’étais content parce qu’il était un peu mieux écrit et avec un meilleur son également.

Cette fois j’étais allé dans un parc à Paris pour embêter directement les lecteurs, afin de leur demander d’où venait le livre qu’il tenait dans les mains, et de manière générale ce qu’ils pensaient des conseils de livres. Et puis j’ai même couru après des joggeur.

Un bon souvenir 🙂

(Je n’ai plus d’autre micro-trottoir sous la main, mais j’aimerai beaucoup renouveler l’expérience un jour, enfin dites moi ce que vous en pensez ! )