Hein ?

Prise de notes sous ensemble.

HEIN ?

Il y a toujours ce morceau de plastique, accroché à la fenêtre de l’appartement vide du cinquième, qui flotte. Ça résonne dans la cour lorsque je penche la tête dehors. Je me demande s’il va finir par se décrocher.


« C’est pas toi qui paye l’électricité ! »
Je culpabilise presque de rester chez moi, parce que maintenant, c’est moi qui la paye.


Les pigeons sous les combles roucoulent.


La marque des déracinés des Balkans : la nuque raide, strictes envers eux-mêmes car habitués à dire non de la tête pour dire oui.


En Inca, « montagne » veut dire « maison ».

Merci Traction-Brabant !

Patrice Maltaverne (revue Traction-Brabant et association Citron gare) s’est fendu d’un petit billet de blog sur le site de sa revue pour présenter mon blog.

Plutôt fier, déjà, de voir ce blog résumé : puisque c’est la première fois que quelqu’un tente l’exercice, et parce que ce qui en est présenté j’en suis fier (pour être redondant.)

Merci encore pour tout et Traction-Brabant on se retrouve bientôt !

 

Lien vers l’article :

https://traction-brabant.blogspot.com/2019/07/polygone-portail-de-bastien-godard.html

C’est quoi ton livre ?

Court podcast copié du concept du vidéaste In the Panda « C’est quoi ton film ? », mais appliqué aux livres.

Deux personnes discutent, l’un conseille un livre, mais ne se souvient ni du titre, ni de l’auteur : à vous de deviner de quel livre il parle ! 🙂 Indiquez quand vous avez deviné (réponse musicale à la fin).

Enregistré en 2017.

 

 

7jours7poèmes – n°6 : DEVANT L’ÉTERNEL

7jours7poèmes, petit défi d’écriture tout simple : écrire un poème par jour pendant une semaine ! Ici les textes sont postés en deux versions, la première retravaillée, la deuxième le premier jet du défi.

 

DEVANT L’ÉTERNEL

Oui ! Oui ! Oui :
Devant l’éternel

la ma ta
toutes
paroles changent

Aucun intérêt tangible
Ni dans l’air qu’on respire
Ni dans les yeux humides ou les vibrations quotidiennes
Aucun intérêt, l’éternel,
pour le goût des sensibles.

Les instincts du corps vocalisés,
sens-ualisés,
réactionnaires
Emmerdent la réflexion
sans élan sans acte sans beauté
Sans idéal
– Mot fétus de paille
Qui au sens et au cœur fait place lente
Aux érosions métaphysiques
Que les étincelles de ces deux silex produisent –

Du corps et de l’esprit naquit
Ce qui t’anime, poète
Et tant que tu n’y penses
Pas un mot ne change

Mais devant l’éternel

Combien de vies te reste-t-il
En quel langage renaîtras-tu
: Choisis bien ta trinité.

« Je sens Je pense Je me détruis »
– était elle

« J’acte Je ressens Je dis »
– telle est ma nouvelle

Combien de gemmes manipuler
Pour atteindre la quatrième dimension

        Une montagne s’éboule sur les incendies

Devant l’éternel toute parole se change.

 

 

Premier jet lors de la semaine du défi :
Oui oui oui :

Devant l’eternel

la ma ta
toutes
paroles changent

Aucun intérêt direct
Ni dans l’air qu’on respire
Ni dans les yeux humides ou les vibrations quotidiennes
Aucun intérêt l’éternel
pour celui qui vit
Les instincts du corps vocalisés,
sens-ualisés,
réactionnaires
Emmerdent la réflexion
sans élan sans acte sans beauté
Sans idéal
Mot fétus de paille
Qui au sens et au coeur fait place lente
Aux érosions métaphysiques
Que les étincelles de ces deux silexs produisent

Du corps et de l’esprit naquit
Ce qui t’anime, poète
Et tant que tu n’y penses
Pas un mot ne change

Mais devant l’éternel

Combien de vies te reste-t-il
En quel langue renaitra-tu
Choisis bien ta trinité

Je sens je pense je me détruis
était elle

J’acte je ressens je dis
telle est ma nouvelle

Combien de cailloux manipuler
Pour atteindre rien que la quatrième
Une montagne s’éboule sur les incendies

Devant l’éternel toute parole se change.

 

 

Revue Gorezine n°2

En février, j’ai vu une de mes nouvelles publiée dans l’horrifique revue Gorezine, deuxième du nom.

Comme vous pouvez le lire sur ce blog, ce n’est plus trop dans mes habitudes d’écriture du gore ou du trash, et pourtant j’en ai pas mal écrit par le passé et ça peut encore arriver parfois. J’ai choisi le côté lumineux de la force. Mais c’est une forme qu’il faut manier avec outrance, sans pour autant rentrer dans la surenchère, pour constamment titiller le lecteur.

Pour un deuxième exemplaire de cette petite revue, ça y va fort. Une centaine de pages, des illustrations de grande qualité (et frémissantes). Je ne vais pas mettre d’extrait de mon texte, mais il y a dans cette revue, petite soeur du fanzine Violences qui a fait ses preuves dans le milieu de la littérature trash, il y a de très bons textes.

Elle est élaborée par Luna Beretta et Christophe Siébert, tous deux très talentueux, et vous pourrez retrouver des extraits de textes sur le site de Luna qui référence les revues Violences et Gorezine.

 

Dernier jour – Je m’aime, moi non plus

« Je m’aime, moi non plus » est le projet de se dire tous les jours pendant un mois je t’aime face au miroir.

 

Plus de choses à gérer que je ne pensais, à mon retour. Une boite aux lettres qui déborde.

Résultat, je retrouve mes vieilles habitudes dès mon retour : c’est le plein milieu de la nuit, je me brosse les dents sans avoir eu le temps (pris le temps) de me déclarer. Les habitudes d’un chez soi qui a ses défauts, ses mécanismes grippés plus retors à être réglés. Mais ce n’est pas grave.

Face au miroir, je me sens fier. Impossible de le cacher, j’ai ce sentiment de fierté qui déborde et se voit sur mon visage, pour tout ce mois qui vient de passer, pour cette image que je vois à l’instant présent qui, sans avoir fondamentalement changée, me paraît exister. Exister, être là. Comme si j’avais enfin intégré en moi la preuve que oui, j’existe physiquement. J’écrirai peut-être un petit bilan, pour ce qui peut être à venir.

Je suis aussi fatigué que les premiers jours, mais je comprends mieux cette force que je ne maîtrisais pas alors. Je souris.

Je me dis je t’aime, et le pire, c’est qu’en écrivant ces mots j’ai presque oublié que je me l’étais dit.

Parce que ce soir c’était visible.

Jour 31 – Je m’aime, moi non plus

« Je m’aime, moi non plus » est le projet de se dire tous les jours pendant un mois je t’aime face au miroir.

 

Je sens qu’être, durablement et au jour le jour avec des autres, me prend d’une certaine façon de l’énergie. Je ne dis ça ni en terme négatif ni en terme positif, c’est une constatation. Vient un moment le besoin, la nécessité de me recentrer sur moi (je le répète depuis des jours, depuis le moment même où je ne ressentais plus du tout le besoin de me recentrer sur moi) ; épuisement, et sentiment que mon humeur s’échappe, se fond dans celle des autres, se fait avaler, comme une aura collective dans laquelle je disparais peu à peu, avec toutes les difficultés de m’en détacher que cela ajoute.

Malgré tout, aujourd’hui face au miroir, je me reconnais. C’est bête mais je me vois et me reconnais comme moi-même. J’ai peur d’écrire cette phrase cliché, à l’heure où le mois se termine et alors que sans doute dans des jours qui auraient suivis, viendraient d’autres phases de doute. Le cycle des remises en question. Mais je ne peux pourtant nier voir en moi quelque chose de reconnaissable, ou plutôt, une forme de reconnaissance, sans doute. Le fait de voir, de mes yeux, d’autres personnes, fait peut-être aussi qu’en me allant me voir, sous forme de « pause », sans l’avoir prévu ou ruminé, fait que la logique de mon visage s’impose plus ? Comme une forme plus familière que les visages des autres que je vois toute la journée ? Peut-être, je ne suis pas sûr.

Je me le dis et la voix est assurée. Un sourire paraissant plus naturel que réactionnel me vient. Il y a le retour du petit hochement de tête des premiers jours, instinctivement, qui revient également, mais cette fois il ne fait que constater : il est entendu et témoigne de l’évidence de ce que je ressens et non, comme au tout début, dubitatif et hésitant.

Ps : je me brosse les dents avant m’être déclaré aujourd’hui, ça m’a fait rire cette inversion.

Jour 30 – Je m’aime, moi non plus

« Je m’aime, moi non plus » est le projet de se dire tous les jours pendant un mois je t’aime face au miroir.

 

Je crois que ça va. J’ai le temps, aujourd’hui, de faire mon rituel, même si j’ai malgré tout l’impression de m’y présenter dans un esprit de coup de vent. Mais je me sens bien.

Le rapport aux autres a ses bons côtés. Il faut surtout savoir ménager ses instants pour soi. J’ai eu raison dans les jours passés de continuer à temporiser, car j’ai tout de même cette légère impression que la vie avec les autres, au jour le jour, influence une partie du fond de ma dynamique, de mes pensées, que si j’avais plus de distance elles ne seraient pas tout à fait même. Ces jours-ci la distance me paraît bonne ; je me sens ancré dans le réel. Pas spectateur, pas peur de trop être présent non plus. Contours stables, pour reprendre une des images des premiers jours.

J’arrive donc avec une forme d’empressement, comme si je devais me dépêcher (j’ai véritablement aménagé du temps pour ça, il n’y a donc pas de raison). Une forme d’euphorie de l’instant ? Ou je ne ressens pas le besoin de trop m’attarder dessus, à l’inverse total des jours chez moi où je repoussais toute la journée ce moment, où j’avais besoin de le faire durer. J’ai d’ailleurs totalement déconnecté cet instant du brossage de dents depuis des jours, plus besoin de cette béquille.

Je me parle un peu, je ne me souviens plus de quoi. J’ouvre les bras en grand et je me le dis trois fois. Ouaip ça va aller, et il va falloir avancer aussi dans la vie, et on va y aller ensemble.

Je ferai un jour de plus après le jour 31, je serai alors de nouveau seul chez moi.