Appel à illustrations – revue Mammouth éclairé n°12

Bonjour tout le monde,

J’ai déjà parlé de cette revue par le passé, le Mammouth éclairé qui me tient à coeur puisque j’ai déjà participé à son élaboration avec des amis (et que le boulot et les textes fait dessus sont de qualité ! ), mais en ce moment un appel à illustrations est ouvert pour ceux que ça intéresse !

Le thème de l’appel est « Gros-temps »

Vous trouverez toutes les informations en suivant ce lien : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=32744.0

Cahier photos #1 – Italie

Dans la continuité des superpositions, quelques photos de voyage en Italie (Florence-Rome-Naples) en argentique noir et blanc.

Photo de rue où j’ai essayé de capter des moments, que ce soit : une imbrication d’un photographe prenant en photo un enfant absorbé par la vue d’un manège, un saxophoniste jouant sur les quais romains (saxophoniste débutant, s’isolant pour cacher ses « bruits »), une fête dans le quartier dans un des quartiers les plus dangereux et pauvres de Naples (Les quartiers Espagnols) ou un père attendant sur un petit vélo que sa femme et sa fille déposent une croix devant un sain protecteur des marins. Autant de moments.

L’écrivain et la plage

L’ÉCRIVAIN ET LA PLAGE

« Je » s’adresse à « toi »

L’écrivain sur le bateau, le cœur sur la plage.

(Et sur les côtes blanches, le bruit d’un sablier)

 

Les mots le pont mais l’écrivain trop loin

Trop de vent dans les yeux pour

Voir

Les mouettes ? Petits nuages ;

Gros nuages, cils qui coulent de gris

La nuit, le jour

C’est le même bleu qui se teinte.

Les quais, sauvages

Les cliquetis fantômes

Les crustacés qui s’empourprent

Le cœur boum boum et les vagues

Et les vagues c’est infini pour un petit cœur

Qui palpite entre les trous de crabes

Et le pont est loin

C’est joli les vagues, ça lèche le cœur, ça l’embrasse

Ça l’écume dans le sable,

Mais sans l’écrivain

– L’écrivain ! Regard vide voyage

Navigue statique, statue de proue

Tendu, dévoué vers. –

Ça pique, ce sel.

 

Les mots : le pont qui grince, relevé

Les yeux sans mains : là

Les mains sans rien : partir

Ça va ça vient

Ça bat, ça bat

 

Ressentir, c’est voir.

Mais eux se quittent, oui se quittent

Ne font que ça.

– L’un ressent trop sans pouvoir

L’autre peut tout sans le savoir –

La collusion, l’hébétude des souffles

Des gestes, des dérives

Par les chocs

Trop proches, de l’effrayante

Fusion d’un amour qui se délite.

S’étire l’horizon, depuis leurs observatoires

Les silences, les coquillages

– Océaniques les silences –

Loin le pont, le large, que quitte le pavillon

En dit long ce départ :

Ces pleurs sur un collier de dents

– Un sourire douleur mais sourire –

Car secrètement nostalgiques

Et heureux de l’être.

 

Ils n’attendent que le retour

Sur le pont enfin se reconnaître

Traduire ensemble ces rêves de respirations,

De la langue étudiée des signes de l’autre.

Mais ce pont – oh le retour toujours

Leur joie se heurte, cette joie ne compte

Non, ils ne comptent plus tout ça :

Les grains, le sablier, les soleils, les étoiles

Plus rien ne compte.

Impuissants lorsque le pont s’abaisse

Et que leurs barrières s’indomptent.

 

Le voyage et l’amour

Le cœur et les cris,

Chaque fois un peu mieux

Mais chaque fois un peu trop.

 

J’écris n’ayant jamais su m’exprimer.

Les mots sont un entre-deux qui

– Instable endroit de passage –

Ne touche que du bord la plage,

Est trop fragile pour la mer amour

Ne comprend, ne ressent, ne conçoit

Qu’en parcelles fuyantes.

C’est comme ça,

Oui, à peur près, comme ça.

Ça me bouleverse.

Sans aucune certitude

Autre que : les Seuls forment un chœur

Et c’est pour ça qu’on corrige, qu’on rature

Qu’on encre

Qu’on enlève, en rajoute

Améliore,

Que je peux y passer là des heures

Et là une vie entière.

 

Tout le problème est là car

La sincérité, les houles : dur d’en douter,

Les couchers et levers de sommeil, aussi.

Tout commence par une histoire.

Et ce problème de mot est vieux comme l’Histoire de l’Humanité :

Comment transcrire une réalité avec si peu de bagage ?

Là-dessus, l’écrivain voyage en quête de réponse

Le cœur, lui, reste là, te regarde (n’aie crainte il est tendre)

Il se fait miroir

Et derrière ton reflet,

Il y a l’infini des vagues.