Revue en ligne Pluésie

Vous pouvez retrouver un de mes poèmes sur le site Pluésie. Une revue en ligne publiant des poèmes LGBTQI+ qui s’est lancée en 2021. Allez voir les textes et les personnes qui y sont, ils font du super boulot, n’hésitez pas à les suivre également sur leur Instagram pour être au courant des publications et lire des extraits.

Merci à tout l’équipe !

Ce poème, Plaid, parle du placard, des désirs et de la volonté. Vous le retrouverez ici : https://www.pluesie.fr/plaid/

Peu de publications en 2020 vous l’avez vu, mais c’est parce que je travaille sur des formats beaucoup plus longs qui arriverons peut-être cette année ou l’année prochaine. Mais en tout cas ça m’a fait plaisir de me remettre à la poésie, les mots font leur mue.

Ps: je crois que tout bien réfléchis j’aimerais publier mon Carnet du transsibérien, si quelqu’un a une piste je suis preneur.

Des temples et des jungles [2/4- Nuit de la lecture]

Pour participer à cette Nuit de la Lecture 2021 du 21 au 24, à la maison oblige, je vous propose un long poème, mystique et incantatoire, dont vous retrouverez une partie chaque soir. Bonne lecture !

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Pourquoi les jungles ? Hostiles les jungles
Tropicales, lourdes, inquiétantes même de jour
– les mouvements des feuilles ; mortelle végétation à dents –
Mais naturellement : car la fièvre
Les jungles car la fièvre
Parce que nature dépouille, détrousse les biens
Quelques poils, quelques baves, quelques chairs
La fièvre Humaine
Les délices, les hallucinations
Le délire d’esprit et les cris
On jouit contre les arbres, on hurle seul
On se perd et on exulte, à tailler, casser, craquer les branches qui empêchent un chemin
La route qui n’existe plus que parce qu’on la trace et qui se referme
Nous avale à chaque pas : il n’y a de route que le tchac tchac
Et les quelques feuilles coupées qui tombent à sa suite
Le reste cicatrise et se tâche du sang qu’un instant avant de l’évacuer
Dans les pluies tropicales et les fièvres qu’elles font couler dans nos cheveux
Sur nos sourcils qui débordent et nos lèvres qui tremblent
Alors là,
Seulement arrivé là :
Tu bâtiras ton temple.

Derrière Bangkok et les gens
Sans visage, Bangkok que tu fuis
Devant toi les Incas solaires et nus te montrent leurs dos
Et leurs chants, les chants, ces chants
Vont vers le soleil et les étoiles qu’il cache.
Tu as fait le tour du monde en toi même
Chantent ceux qui chantent l’Amour
Tu as suivis l’horizon
Pleurent ceux qui pleurent l’Amour
Tu peux alors lever les yeux,
Son corps nu chevauche à ton sommet
Un soleil sur ses lèvres, Tout ferme ses yeux
Et tu es seul avec elle,
Dieu merci nous le sommes.

Des temples et des jungles [1/5 – Nuit de la lecture]

Pour participer à cette Nuit de la Lecture, à la maison oblige, je vous propose un long poème, mystique et incantatoire, dont vous retrouverez une partie chaque soir. Bonne lecture !

1

Mon corps est un temple ; tu en es la déesse
Un temple caché dans la végétation aux alentours de Bangkok hostile
– y a-t-il seulement une partie de Bangkok qui ne l’est pas ?
Derrière les rideaux de laine, les petits vieux sur fauteuil à bascule
qui tissent des linceuls pour leurs propres fils –

Des millions d’années auparavant on t’y glorifiait déjà
Au cœur des jungles, des places faites pour les hommes transis
L’or en fusion coulait sur mes marches, jusqu’aux interstices
Des mécanismes secrets et désarmés
Désormais
Désarmés
Un temple resté secret
Un temple devenu secret
Secret des amours Là-Haut
Secret des racines des branchages la mangrove
Sacrés les regards lazulis derrière l’argenterie lumière
Les mains poussières qui se dressent
Les larmes-joie qui font bouillonner ce qui meurt
Un temple froid
Un temple neuf
Un temple que chacun dans sa retraite s’est vu être
S’est vu habiter hors des villes, des carnavals, nuits et jours
Et bien qu’hors du temps poussière s’y fait ;
Chaque pierre est soi.

De petites pierres dans de petites poches
Et des petits souvenirs-trésors où s’agrippent doigts vieux
Cicatrices de marbres, cicatrices, les veines
Chacun s’est vu être temple, et l’on s’y retrouve tous
Lors des pleines lunes, des soirs sans ciels et des soleils blafards
Et toutes les déclinaisons d’adoration se déclinent
Se déclinent et déclinent les chutes de fluides de nos yeux aux sols
Partout les temples à travers les terres
Se concentrent en long chant petrichor, mille fantômes
Adorent une déesse à travers les siècles
Mille spectres imprègnent un seul temple
Un seul temple et des mains qui font sens
Un temple froid
Qui ne vit que pour être visité
Qui n’est érigé que pour être habité
Par sa présence passagère
– les regards vers le haut, les soupirs
Une chaleur qui ne s’explique pas, la présence
Oui, sa présence,
Nos corps sont un temple que la déesse parcourt.

Appel à illustrations – revue Mammouth éclairé n°12

Bonjour tout le monde,

J’ai déjà parlé de cette revue par le passé, le Mammouth éclairé qui me tient à coeur puisque j’ai déjà participé à son élaboration avec des amis (et que le boulot et les textes fait dessus sont de qualité ! ), mais en ce moment un appel à illustrations est ouvert pour ceux que ça intéresse !

Le thème de l’appel est « Gros-temps »

Vous trouverez toutes les informations en suivant ce lien : https://monde-ecriture.com/forum/index.php?topic=32744.0

Revue Phaéton – 2019

Autre très bonne nouvelle :

une fois par an sort la revue Phaéton. C’est un gros morceau, un peu à part dans le milieu des revues littéraires et poétiques, dont j’ai pu avoir le plaisir de rencontrer les responsables au Marché de la poésie. Le franc-parlé de Pierre Landete m’avait marqué et, maintenant la revue en main, ce qui me marque et m’impressionne le plus c’est la quantité impressionnant de travail fournie sur cette revue !  Il n’y a qu’à voir le nombres de correspondants et de contributeur pour s’en rendre compte.

Revue interdisciplinaire de près de 400 pages, donc, où des analyses, des critiques, des documents de recherche se retrouvent autour des arts, de la littérature, de l’histoire ou des sciences sociales. Extrêmement intéressante et documentée, on retrouve également des textes de Baudelaire, Supervielle avec de nouveaux éclairages et, au milieu de la revue, un cahier rouge contenant de la poésie.

C’est donc bien modestement que l’on peut retrouver un de mes poèmes dans ce cahier, honoré de figurer dans ce panorama de la poésie actuelle et reconnaissant d’y laisser un place.

Excellente revue, avec grand sérieux et grande qualité.

Revue Traction-Brabant – N°85

Comme je l’avais évoqué précédemment dans un article, Jean-Pierre Maltaverne qui avait partagé mon blog sur son site a également choisi un de mes poèmes pour figurer dans le numéro 85 de sa revue.

Revue faite avec coeur, revue engagée pour la poésie, à petit prix faite pour être partagée, c’est toujours un plaisir de se retrouver au milieu de gens qui font ce qu’ils aiment et se bougent pour défendre ça.

Grand merci !

 

 

Hein ?

Prise de notes sous ensemble.

HEIN ?

Il y a toujours ce morceau de plastique, accroché à la fenêtre de l’appartement vide du cinquième, qui flotte. Ça résonne dans la cour lorsque je penche la tête dehors. Je me demande s’il va finir par se décrocher.


« C’est pas toi qui paye l’électricité ! »
Je culpabilise presque de rester chez moi, parce que maintenant, c’est moi qui la paye.


Les pigeons sous les combles roucoulent.


La marque des déracinés des Balkans : la nuque raide, strictes envers eux-mêmes car habitués à dire non de la tête pour dire oui.


En Inca, « montagne » veut dire « maison ».

Sur le pont Mirabeau

Quatrain souvenir d’hiver, de l’endroit où je croisais Apollinaire et de toi :

 

Sur le pont Mirabeau tombe la neige

Et nos rires

Faut-ils qu’ils te protègent

Tournent à jamais leur manège

 

 

 

Revue Gorezine n°2

En février, j’ai vu une de mes nouvelles publiée dans l’horrifique revue Gorezine, deuxième du nom.

Comme vous pouvez le lire sur ce blog, ce n’est plus trop dans mes habitudes d’écriture du gore ou du trash, et pourtant j’en ai pas mal écrit par le passé et ça peut encore arriver parfois. J’ai choisi le côté lumineux de la force. Mais c’est une forme qu’il faut manier avec outrance, sans pour autant rentrer dans la surenchère, pour constamment titiller le lecteur.

Pour un deuxième exemplaire de cette petite revue, ça y va fort. Une centaine de pages, des illustrations de grande qualité (et frémissantes). Je ne vais pas mettre d’extrait de mon texte, mais il y a dans cette revue, petite soeur du fanzine Violences qui a fait ses preuves dans le milieu de la littérature trash, il y a de très bons textes.

Elle est élaborée par Luna Beretta et Christophe Siébert, tous deux très talentueux, et vous pourrez retrouver des extraits de textes sur le site de Luna qui référence les revues Violences et Gorezine.

 

Des temples et des jungles – Extrait

Extrait d’un bien plus long poème, presque incantatoire, Des temples et des jungles :

De petites pierres dans de petites poches

Et des petits souvenirs-trésors où s’agrippent doigts vieux

Cicatrices de marbres, cicatrices, les veines

Chacun s’est vu être temple, et l’on s’y retrouve tous

Lors des pleines lunes, des soirs sans ciels et des soleils blafards

Et toutes les déclinaisons d’adoration se déclinent

Se déclinent et déclinent les chutes de fluides de nos yeux aux sols

Partout les temples à travers les terres

Se concentrent en long chant petrichor, mille fantômes

Adorent une déesse à travers les siècles

Mille spectres imprègnent un seul temple

Un seul temple et des mains qui font sens

Un temple froid

Qui ne vit que pour être visité

Qui n’est érigé que pour être habité

Par sa présence passagère

– les regards vers le haut, les soupirs

Une chaleur qui ne s’explique pas, la présence

Oui, sa présence,

Nos corps sont un temple que la déesse parcourt.

*

Pourquoi les jungles  ? Hostiles les jungles

Tropicales, lourdes, inquiétantes même de jour

– les mouvements des feuilles  ; mortelle végétation à dents –

Mais naturellement : car la fièvre

Les jungles car la fièvre

Parce que nature dépouille, détrousse les biens

Quelques poils, quelques baves, quelques chairs

La fièvre Humaine

Les délices, les hallucinations

Le délire d’esprit et les cris

On jouit contre les arbres, on hurle seul

On se perd et on exulte, à tailler, casser, craquer les branches qui empêchent un chemin

La route qui n’existe plus que parce qu’on la trace et qui se referme

Nous avale à chaque pas : il n’y a de route que le tchac tchac

Et les quelques feuilles coupées qui tombent à sa suite

Le reste cicatrise et se tâche du sang qu’un instant avant de l’évacuer

Dans les pluies tropicales et les fièvres qu’elles font couler dans nos cheveux

Sur nos sourcils qui débordent et nos lèvres qui tremblent

Alors là,

Seulement arrivé là :

Tu bâtiras ton temple.