Revue Gorezine n°2

En février, j’ai vu une de mes nouvelles publiée dans l’horrifique revue Gorezine, deuxième du nom.

Comme vous pouvez le lire sur ce blog, ce n’est plus trop dans mes habitudes d’écriture du gore ou du trash, et pourtant j’en ai pas mal écrit par le passé et ça peut encore arriver parfois. J’ai choisi le côté lumineux de la force. Mais c’est une forme qu’il faut manier avec outrance, sans pour autant rentrer dans la surenchère, pour constamment titiller le lecteur.

Pour un deuxième exemplaire de cette petite revue, ça y va fort. Une centaine de pages, des illustrations de grande qualité (et frémissantes). Je ne vais pas mettre d’extrait de mon texte, mais il y a dans cette revue, petite soeur du fanzine Violences qui a fait ses preuves dans le milieu de la littérature trash, il y a de très bons textes.

Elle est élaborée par Luna Beretta et Christophe Siébert, tous deux très talentueux, et vous pourrez retrouver des extraits de textes sur le site de Luna qui référence les revues Violences et Gorezine.

 

S’aimer miroir – Revue Encre[s] n°2

Le 16 mars sort le numéro 2 de la revue Encre[s], revue très prometteuse et de qualité qui a débutée l’année dernière (la précommande offre les frais de ports ^^).

À l’occasion de leur appel à texte sur le thème Poli/brut, j’ai composé un poème visuel (qu’il m’est difficile de reproduire ici à vrai dire, l’instrument ici est pas super aisé…) qui se lit en double page. Mais je peux quand même en montrer le tout début :

S’AIMER MIROIR

coin de mur comme à l’école • fixe le plafond pendant des heures

rien • une araignée dans un recoin, peut-être • fissure à cause du

poids de tout l’édifice • simple maison, bicoque, fondation sans

murs-porteurs • des mains qui vont et qui viennent sont venues

sur le toit, les tuiles tombent par orage • ce sont les autres qui •

avec les nuages, on voit mal mais ça vient bien de là • haut • trop

de gens qui marchent sur les toits, des lunes comme des cha-

peaux avec les yeux qui disent ni oui ni non • c’est ne pas savoir •

ne pas savoir pourquoi comment avec qui où • ni ni ni ni ni •

il n’y a pas dans de monde dans les maison, il n’y a que toi •

qui tremble • ? • c’était peut-être seulement le bruit des tuiles,

de la pluie • rendors-toi, regarde-toi • fait-pas-ci, fais-pas-ça •

Marche – Revue Méninge n°14

Le mois dernier est sorti le numéro 14 de la revue Méninge sur le thème Souffle, et j’ai eu le plaisir de voir un de mes poèmes publié dedans. Vous pouvez lire l’intégralité de la revue sur leur site, ou l’acheter en version papier. Leur appel à texte pour le n°15 est sorti, sur le thème « éponge! », jusqu’au 17 mars.

 

MARCHE

C’est montagnes et arrêtes
Qu’on croise, souvent
Quand on a les pieds en sang,
Les pieds en sang des kilomètres.

Le bruit des troupeaux de vautours qui décollent
Qui te collent aux pattes
Qui te tournoient
Autour, et te font de l’ombre

De jour ;
De nuit

Tapis de buis en épines matelas,
Toit d’étoiles et plafond de froid  :
En boule contre les roches
Le vent ne passera pas.

Vieillard sphinx marcheur désert,
Gamin des bois loup fou des joies,
Dans leurs tissus cachent
L’enfant
L’enfant
L’enfant-roi
Roi de soi
De soir même et de tous les soirs
Jusqu’à l’horizon de ciels primevères,
De nuit hulottes.

Tranquillement,
Tout contre le torse
Biberonne l’enfant

L’enfant
L’enfance
Aux rages de dents
Aux rages de cœur,
De fêlures de soi
De soi,
De soi.

Alors doucement,
Clochard qui ne parle que par le geste
Passe son doigt
Sur les gencives de l’enfant
L’enfant
L’enfant en lui
Et calme, calme,
Marche comme ça

Jusqu’au grand soir.

Les chants d’Istanbul – Revue FPM n°21

En novembre dernier est sorti le numéro 21 (déjà épuisé!) de l’excellent revue le Festival Permanent des Mots, menée par Jean-Claude Goiri et les éditions Tarmac.

Dans ce numéro, deux parties mon long poème Les chants d’Istanbul ont été publiées, et je vous en propose un court extrait du tout début.

LES CHANTS D’ISTANBUL

Ici

Un chant résonne

De marbre en marbre court le temple

Désert, rampe le sol ; deux portes en bois massives.

Un chant résonne, je m’approche des marches

Promontoire

– La clarté de la cour filtre à travers le bois ancêtre –

Ciel poreux

Cour vide ; des oiseaux s’envolent

Coursives, colonnes : cadre de pierre

Les oiseaux s’envolent

Je les suis,

Spirale ailée qui dévoile

Aux contrées des montagnes domptées

Deux flèches érigées qui pointent

Là où l’on ne peut qu’admirer

Le temple, profilé face Homme.

Route des vacances – Revue du Mammouth éclairé n°11

Petite publication chez les gens bons du Monde de l’écriture, dans le n°11 du Mammouth éclairé, avec en prime deux illustrations, dont une en couleur de Georges Carter, et EN PLUS, une lecture audio en a été faite. Bref, le Mammouth. Le poème ci-dessous :

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ROUTE DE VACANCES

Sous la peau

Nos doigts se suivent

Sur le réseau bleu des routes

 

Le cuir des sièges fournaise

Brise par la fenêtre

Comme une odeur de toi

 

Une odeur de soir

Rouge, comme les arbres froidissent

Rouge, en filigrane de cartes

Que l’on n’a jamais su lire

 

Que nos doigts délient

S’effleurent de peau

En partance

 

Pour des nuits, des frimas

Ou le réseau de tes veines

Jusqu’à la mer

Derrière les paupières – Revue Pergola

Retrouvez  deux poèmes, publiés sur le site de la revue Pergola en mars 2018 (merci à eux) : Derrière les paupières – Tarmac, deux poèmes de Bastien Godard

En voici un :

DERRIÈRE LES PAUPIÈRES

À la lumière, entre les arbres
Tout s’éclaire des jeux de jupes
Et celles sur leurs malhabiles grues
Se parent de la ronde d’êtres vus

Je préfère celles qui filent sans s’étourdir
Qui ne se vouent en secret qu’aux yeux
De quelques amours souffreteux
Qu’elles s’en vont rejoindre par leurs

Paupières-mondes.

À côté,
Tout est à côté.

Par la gymnastique étirée
Des gestes sans suite
Ou les contorsions exagérées de l’utile
Qui se pense utile

Fouille dans sac cherche briquet soudain se rappelle au carnet soudain l’heure alors le portable les messages les appels les chiens et la promenade et les ventres-gargouilles effrayant les rayons du coucher de rentrer à manger de dormir à laver : la surprise des post-it du monde qui se forcent au théâtre devoir faire ; les gestes grotesques qui en émanent.

Un caïd
Son sac gonflé de bière comme son ventre
Un œil mauvais pour le reste ;
Il dessine sur son carnet des fleurs délicates ;
Il faut alors voir son regard.

À côté :
Pourquoi l’harassement balance
Les rides de ceux qui courent pour ne pas mourir
Alors que les vieux aux regards fous
Dans leurs costumes trop grands de morts,
Eux, touchent l’écorce des troncs
Avec leurs mains de serpes.
Des rires idiots dans des bouches habillées
Balayent l’allée.

Quelque part tu attends dans une chambre trop silencieuse
Je ne suis pas là.

Le dessin
N’était pas de fleurs :

Un homme maigre portant ses mains en coupe
À genoux
Une femme reine aux seins nus
Le regard vers ailleurs
Déposant en sa coupe
Un rien de non-fini.

( Je l’ai vu car un bourdon
D’airain, énorme,
A fait bondir sur ses pieds le costaud,
Se glissant à son effroi dans son col )

Alors, d’un bond aussi,
J’ai pris les bateaux-mouches vers le nord
Remontant par tes hanches
Le chemin pour te rejoindre
Derrière nos paupières qui s’attendent
Sans distance